Guide d'Investigation Numérique Windows
Forensique & Incident Response
Guide forensique complet : analyse de registre Windows, investigation mémoire, réponse aux incidents et maîtrise du logiciel ForenShield — pour analystes SOC et équipes CERT.
Installation & lancement
Application en construction
ForenShield est conçu pour être simple à prendre en main : exécutable portable, pas d’installation lourde.
- Téléchargez la dernière version (bientôt disponible).
- Décompressez l'archive si nécessaire.
- Lancez
ForenShield.exeen tant qu'administrateur pour un accès complet aux artefacts système. - Accédez aux modules depuis le tableau de bord.
Interface & navigation
L’interface vise la clarté : moins de "blabla", plus d’actions concrètes.
- Tableau de bord : accès rapide aux modules et aux actions.
- Modules : regroupés par familles d’artefacts (process, registre, réseau…).
- Barre d’état : progression + logs de collecte.
- Exports : génération de rapport et sauvegarde des résultats.
Méthodologie PICERL en 6 étapes
Toute investigation sérieuse suit un cadre structuré. Le modèle PICERL (Preparation, Identification, Containment, Eradication, Recovery, Lessons Learned) est la référence SOC/CERT.
- Préparation : outils à portée, sauvegardes testées, contacts d'urgence définis. Ne pas attendre l'incident.
- Identification : qualifier la compromission — faux positif ou réel ? Délimiter le périmètre, horodater le début de l'incident.
- Confinement : isoler le ou les systèmes sans éteindre (préservation mémoire vive). Capturer un dump RAM en priorité.
- Éradication : identifier la cause racine (malware, credentials volés, misconfiguration), puis supprimer et patcher.
- Rétablissement : remettre en production prudemment, avec monitoring renforcé. Valider l'absence de persistance résiduelle.
- Retour d'expérience : rédiger le rapport final, documenter les IoC (Indicators of Compromise), renforcer les règles de détection.
Chaîne de preuve : chaque action doit être horodatée et documentée dès le début, en particulier pour les cas judiciaires.
Artefacts Windows incontournables
Windows génère des traces massives d'exécution. Voici les emplacements prioritaires lors d'une investigation forensique Windows.
- Prefetch —
C:\Windows\Prefetch\*.pf: preuve d'exécution de programme avec timestamp et nombre de lancements (jusqu'à 128 entrées sur Windows 10+). - LNK / Jump Lists —
%APPDATA%\Microsoft\Windows\Recent\: fichiers récents ouverts, avec chemin source et timestamps complets. - Registry Run keys —
HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Run[Once]: emplacement classique de persistances malveillantes. - ShimCache / AppCompatCache —
HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Session Manager\AppCompatCache: historique des exécutables, même sans preuve de démarrage effectif. - AmCache —
C:\Windows\AppCompat\Programs\Amcache.hve: SHA1 des binaires exécutés — utile pour identifier des hashes malveillants sans trace antivirus. - SRUM (System Resource Usage Monitor) —
C:\Windows\System32\sru\SRUDB.dat: usage réseau et CPU par application sur les 60 derniers jours. - Event Logs —
C:\Windows\System32\winevt\Logs\: Security.evtx, System.evtx, Application.evtx. À filtrer par Event ID prioritaires (voir section suivante). - $MFT (Master File Table) : référence NTFS de tous les fichiers avec 4 timestamps (création, modification, accès, metadata). Extractible avec FTK Imager ou des outils dédiés.
Génération de rapports
Les rapports sont pensés pour être lisibles, exploitables, et directement utilisables dans un contexte professionnel.
- Résumé exécutif + sections détaillées par module.
- Horodatage et structuration "preuve / contexte / interprétation".
- Détections mises en avant + éléments à approfondir.
- Export HTML pour partage rapide et archivage légal.
Objectif : que le rapport puisse être utilisé tel quel dans une main courante ou une synthèse CERT/SOC.
Analyse de malware : triage statique
Avant d'exécuter un fichier suspect en sandbox, le triage statique permet de qualifier rapidement un échantillon sans risque d'infection.
- Hash & réputation : calculer MD5/SHA256, soumettre sur VirusTotal, MalwareBazaar ou Hybrid Analysis. Un hash connu = classification immédiate.
- Strings : extraction des chaînes imprimables — recherchez des URLs en dur, des noms d'API suspects (
VirtualAlloc,WriteProcessMemory,CreateRemoteThread), des chemins et des mutex. - PE Headers : vérifiez le compiler timestamp, les sections avec haute entropie (code chiffré/packé), les imports manquants ou minimaux (signe de packing).
- Règles YARA : appliquer les règles communautaires (YARA-Rules GitHub, règles Elastic Security, signatures reversing.fr) pour détection signature-based.
- MITRE ATT&CK® : mapper les techniques identifiées — T1059.001 (PowerShell), T1547.001 (Registry Run Keys), T1003 (Credential Dumping), T1071 (C2 over HTTP/S).
- Sandbox dynamique : si le triage statique est insuffisant, utiliser Any.run, Cuckoo, Joe Sandbox ou Triage.abuse.ch pour l'analyse comportementale.
Analysez les emails suspects directement avec l'EML Analyzer ForenShield : extraction d'en-têtes SMTP, pièces jointes, indicateurs de phishing et lookups reputation.
Event IDs Windows clés
Le journal de sécurité Windows (Security.evtx) est la source d’événements la plus riche. Voici les Event IDs prioritaires à surveiller en incident response.
- 4624 : Connexion réussie. Type 2 = interactif, Type 3 = réseau (SMB/RPC), Type 10 = RDP. Un flux de Type 3 depuis IPs externes = mouvement latéral potentiel.
- 4625 : Échec de connexion. Volume élevé sur un même compte = brute force ou password spraying (voir l’outil d’audit de mots de passe).
- 4648 : Connexion avec credentials explicites (runas ou pass-the-hash). Signe fréquent de déplacement latéral.
- 4688 : Nouveau processus créé. Recherchez
cmd.exeoupowershell.exe -EncodedCommand, ou des processus lancés depuissvchost.exede façon inhabituelle. - 4698 / 4702 : Tâche planifiée créée / modifiée. Vecteur de persistance très courant — vérifiez l’action et le chemin exécutable.
- 4720 : Compte utilisateur créé. Un compte créé hors heures ouvrables ou avec un nom générique mérite investigation.
- 7045 / 4697 : Service installé. Technique de persistance classique — vérifiez le chemin binaire et la description du service.
- 1102 : Journal d’audit vidé (Security log cleared). Souvent déclenché par un attaquant pour effacer ses traces — alerte critique.
- 4656 + Sysmon Event 10 : Accès au processus
lsass.exe— indicateur de tentative de credential dumping (Mimikatz, Procdump).
Scorez la criticité d’une CVE exploitée lors de l’incident avec le Calculateur CVSS ForenShield.
Pour qui ?
Le guide (et l’outil) est pensé pour plusieurs niveaux.
- SOC / CSIRT : réponse initiale, collecte, priorisation.
- Consultants : audit, investigation chez le client.
- Admins : vérifications et contrôles de sécurité.
- Étudiants : apprendre la forensique Windows par la pratique.
Fonctionnalités avancées
Les versions payantes débloqueront des capacités étendues (roadmap).
- Analyse mémoire (type Volatility), règles personnalisées.
- Automatisation (batch / tâches récurrentes).
- Intégrations API (interop avec écosystème sécurité).
- Support prioritaire.
Support & communauté
Un souci, une idée, un bug : canal clair, réponse claire.
- FAQ / Base de connaissance : (à venir)
- Forum communauté : (à venir)
- Issues : GitHub
- Pro/Entreprise : support prioritaire dédié.
Questions fréquentes — Investigation forensique Windows
- Quels sont les Event IDs Windows les plus importants pour détecter une intrusion ?
- Les Event IDs critiques sont : 4624 (connexion réussie — surveillez les types 3 et 10), 4625 (échec de connexion — détection brute force), 4688 (création de processus avec ligne de commande), 4697 et 7045 (installation de service — persistance classique), 4698 (création de tâche planifiée) et 1102 (journal d'audit vidé — signe de tampering). Avec Sysmon activé, l'Event ID 10 (accès à lsass.exe) détecte les tentatives de credential dumping comme Mimikatz.
- Où se trouvent les artefacts Windows les plus utiles pour l'investigation forensique ?
- Les principaux artefacts sont : C:\Windows\Prefetch\ (historique d'exécution de programmes), %APPDATA%\Microsoft\Windows\Recent\ (fichiers LNK récents ouverts), C:\Windows\AppCompat\Programs\Amcache.hve (SHA1 des binaires exécutés), HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Session Manager\AppCompatCache (ShimCache), C:\Windows\System32\sru\SRUDB.dat (SRUM — usage réseau 60 jours) et C:\Windows\System32\winevt\Logs\ (journaux d'événements Security/System/Application).
- Quelle est la première étape d'une réponse à incident Windows ?
- La première étape est l'identification et le confinement immédiat : isoler le système compromis du réseau (sans l'éteindre pour préserver la mémoire vive), puis réaliser une acquisition de la RAM en priorité avec un outil certifié (WinPMEM, Magnet RAM Capture). La chaîne de preuve doit être documentée dès le premier geste. Ensuite, réaliser une image disque bit-à-bit avant toute analyse pour ne pas altérer les preuves originales.
- Comment détecter une persistance malveillante sur Windows ?
- Vérifiez les clés de registre Run/RunOnce (HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Run), les services installés (Event 7045, liste via 'sc query' ou 'Get-Service'), les tâches planifiées (Event 4698, dossier C:\Windows\System32\Tasks\), le dossier Startup (%APPDATA%\Microsoft\Windows\Start Menu\Programs\Startup), les DLL hijacking potentiels dans les répertoires applicatifs, et les drivers suspects. L'AmCache (SHA1) et le ShimCache révèlent aussi les programmes récemment exécutés même après suppression.
Ce guide est une base solide. Le meilleur apprentissage reste : tester, comparer, documenter.